Electric Sheep Galerie H+

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Le projet Drawbot s’expose à la galerie H+ dans le cadre du Mirage Festival.

“Do Androids Dream of Electric Sheep “
(Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques) est le titre d’une nouvelle écrite par Philip K. Dick en 1966. L’homme, survivant, s’oppose et s’affronte aux machines. Pourtant, plus rien ne les différencie. Ils se confondent. Entre le réel et le simulacre, les différences sont infimes, presque des erreurs d’impression.

ESTAMPE NUMÉRIQUE : DU PIXEL AU PIGMENT/
« …Il est du principe de l’oeuvre d’art d’avoir toujours été reproductible. Ce que les hommes avaient fait, d’autres pouvaient toujours le refaire. » Walter Benjamin, 1935. L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique. L’estampe fait donc partie intégrante d’une tradition artistique. Gravure, Lithographie, Linogravure puis Sérigraphie, ont été les outils des artistes qu’ils soient spécialisés dans cette discipline ou bien simples usagers ponctuels. L’estampe, dans sa tradition, a toujours été liée au progrès technologique. L’invention du papier a participé à son essor. Les machines ont toujours suivi les évolutions des ingénieurs : de la presse à la main à la presse à vapeur. La question du simulacre traverse l’histoire de l’art et des techniques.
L’oeuvre d’art à l’époque de sa production et reproduction numérique ?
Aujourd’hui, la reproduction est arrivée à un point d’exactitude proche de la perfection. Nos imprimantes de bureau nous permettent de fabriquer chez nous des estampes papier et bientôt, avec l’arrivée des imprimantes 3D pour les particuliers, des estampes en volume.

Qu’est-ce que serait une estampe numérique artistique aujourd’hui ?
L’urgence, l’instantanéité, l’immédiateté des communications et des échanges semblent s’opposer à la lenteur de la construction d’une image imprimée dans la tradition. Le tout, tout de suite, oubli automatiquement ce qui s’est fait hier pour mieux obtenir ce qui ce fera demain. L’enjeu de création d’une estampe numérique aujourd’hui serait de créer une anti-obsolescence, d’injecter un peu d’erreur, un peu de bug, un peu d’unicité dans un monde numérique en constante évolution, révolution.
Le temps a toujours été primordial dans le processus d’apparition de l’image imprimée. Ainsi, dans l’estampe numérique, le dessin de déroule au fur et à mesure du processus technique de révélation. L’image se donne à voir au spectateur par la chorégraphie menée par la machine. Le dessin devient performance. La machine devient actrice du moment et co-auteur du résultat. L’estampe devient un art vivant qui interroge la manière dont l’image vient se déposer sur un support. Chaque production, née de la même matrice, est originale. Le défaut, l’imprécision, le manque, l’usure, l’imperfection vient donner au dessin, comme au timbre, son unicité. Ainsi l’image n’est jamais stable ou fixe. L’estampe numérique favorise l’hybridation des pratiques, des médiums et des auteurs pour créer
une nouvelle image typée, pour réinventer le multiple. L’empreinte de la matrice se donne à voir différente chaque fois. La trace, la mémoire du dessin nous apparaît dans un geste unique et mécanique. Homme et machine se confondent. Chacun revendique sa part de paternité.

DES MACHINES A DESSINER : L’EXPOSITION/
La volonté de la Fabrique d’Objets Libres est de mettre en relation artistes, programmeurs et ingénieurs afin de créer des machines à dessiner, à peindre, à bomber, etc.
Les artistes sont issus de pratiques et de champs d’action différents. Certains sont plus familiers des outils traditionnels du dessinateur (feutre, crayon, mine de plomb, fusain, craie grasse, pastels, etc.), d’autres appartiennent au monde de la rue (bombe de peinture, spray, extincteurs, etc.) et d’autres encore produisent essentiellement sur ordinateur.
Dans tous les cas, les images à imprimer seront issues de supports numériques, évanescents, dématérialisés, virtuels pour se concrétiser sur des supports physiques et charnels. Les outils (encres, stylos) pourront être usés par la machine jusqu’à disparition de la matrice elle-même. Les procédés techniques et les outils définiront l’aspect de l’image et sa chorégraphie. Il s’agit, par la performance et par la production de ces machines, d’essayer de relier l’ordinateur avec la main et le geste de l’artiste. Le sérigraphie tout comme le lithographe pense sa matrice en fonction de la technique d’impression et des contraintes de l’outil. Ceci donne l’immense beauté des images contraintes par la technique. Il s’agit de définir ces contraintes là pour permettre à d’autres de s’approprier la machine et de la faire parler. L’exposition fera état de ces workshops entre artistes et ingénieurs qui auront aboutis à des machines à dessiner. On y montrera autant l’estampe numérique que la manière dont elle se fabrique. En perpétuel mouvement, l’exposition et les productions seront différentes chaque jour.

Texte de Sarah Bruey

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Avec

Ophélie Tara

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Marie Laure Cruschi

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Julien Billaudeau

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Théophile Thomas

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dimanche 10 février 2013|Projet Drawbot