Portrait / Paysage Un monde de formats

Rencontres de Lure 2015
63e semaine de culture graphique du 23 au 29 août 2015

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Ouverts, A4, sus, oubliés, libres, courts, dynamiques, pdf, propriétaires,
jpg, raisin… Les formats engagent notre rapport au monde
et aux autres. Loin d’être une canique passive, ils sont un principe
moteur : ils transforment en me temps qu’ils hiculent.

Choisir un langage, une taille de papier, un logiciel… Ces opérations ne sont jamais neutres : elles délimitent un champ d’action et de pensée, elles structurent un contenu, elles en organisent l’échange et la circulation. Donner forme, c’est donner sens.
Nous définissons les formats en même temps qu’ils nous façonnent et nous entravent. Ils sont autant d’espaces de négociation où les rapports de force organisent la valeur et sa création. Rendus à leur nécessité, nous devons en prendre conscience sous peine de les subir. Quand le format est fermé, propriétaire, imposé par l’industrie ou l’État, il fait courir le risque de perdre le contrôle sur sa production. Quand il est libre et ouvert, il exige de son utilisateur une connaissance technique fine et lui donne la main, jusqu’au vertige.
Enracinés, hérités, les formats ont la commodité d’une injonction familière. Ils nous facilitent la vie, nous guident et orientent nos pratiques. En nous fournissant un langage commun, ils permettent la circulation des idées, des objets, des savoirs, des marchandises… et tissent les liens de nos sociétés. Pivots, messagers, dépositaires, ils fixent les règles du jeu d’un vivre ensemble auquel nous vous invitons à participer du 23 au 29 août 2015 à Lurs, Alpes de Haute-Provence.

Ils/elles seront là :

Les 3 Ourses

Grands livres pour tout-petits

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Depuis près de 30 ans, l’association Les Trois Ourses défend des livres pensés par des artistes pour les enfants, par le biais d’expositions, de formations, d’ateliers, et encourage la création en conseillant, diffusant et parfois éditant certains projets. L’association place le livre au centre de son activité. Il est une œuvre.

Après des études de Lettres modernes à Dijon, Aude Séguinier travaillera durant quatre années comme libraire à Paris et à Nantes. En 2005, elle rejoint Les Trois Ourses. Depuis 2013 elle en est la directrice artistique.

Après des études à l’école d’art de Limoges et un master éditions d’art livres d’artistes à St Etienne, Anaïs Beaulieu rejoint l’équipe des Trois Ourses en 2008 comme médiatrice artistique.

Deux années d’ANRT

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Avec Sébas­tien Biniek, Thomas Bouville, Redouan Chetuan, Sarah Kremer, Eloisa Pérez (ANRT 2013-2014), Elvire Volk Leono­vitch, Céline Kriebs, Alice Jauneau, Francis Ramel, David Vallance (ANRT 2014-2015) et Thomas Huot-Marchand (directeur de l’ANRT).

Deux années après sa réouverture en 2013, dix étudiant(e)s des deux dernières promo­tions de l’Atelier national de recherche typographique (Nancy) présen­te­ront leurs travaux, en un temps record.

Erich Brechbühl

Weltformat

Brechbul

Après un apprentissage en design graphique au sein du studio de Niklaus Troxler en 2002, Erich Brechbühl a fondé son propre studio de design graphique « Mixer » à Lucerne. Il est membre de l’Alliance Graphique Internationale (AGI) depuis 2007. En 2009, il a co-fondé à Lucerne le festival d’affiches « Weltformat » et a initié en 2012 des rencontres de designers graphiques « Show & Tell » afin de permettre des échanges entre professionnels.

Étienne Candel

Orme, Ormat, Ormule

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Qu’est-ce qu’une contrainte ? – Un soulagement. Devoir faire bref, ne pas savoir au juste si on est lu : l’aubaine. Et la langue en est éclopée ; elle ne colle plus, elle cloche, elle a du jeu, elle boîte. Qui y applique son art tisse un langage qui pourrait être, le compendium d’un autre monde.

Étienne Candel est Maître de conférences au Celsa, normalien et agrégé de Lettres. En marge de l’écriture de recherche, il pratique une poésie brève faite de réflexions, de jeux de mots et d’inquiétudes.

Matthieu Cannavo

Jungle Dorée

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Glyphes et images, nous survolons un ensemble de séries dessinées. Une jungle (typo)graphique en expansion et réorganisation constante où les outils, les manières et les formats se rencontrent.

Après un diplôme en illustration et un passage aux Beaux Arts, Matthieu Cannavo s’oriente vers le dessin de caractères. Aujourd’hui typographe, il alterne commandes et projets personnels.

Carl Rohrs

Gestuelle moderne, et maîtres du XXe siècle

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Ray DaBoll, Walter Brudi, Roger Excoffon, Albert Kapr, Rudolf Koch, Alfred Linz, Oldrich Menhart, Herbert Post, Helmut Salden, George Salter, Ernst Schneidler, Villu Toots, Georg Trump, Axel Bertram et d’autres encore.
La plupart était créateurs de caractères, enseignants, tous étaient calligraphes d’une surprenante originalité. Croyez-en quelqu’un qui aime être surpris ! Ces personnes ont trouvé de nouvelles interprétations des modèles historiques pour les adapter à leur style original. Certains styles gardent une touche nostalgique propre à leur époque de création tandis que d’autres restent encore de nos jours aussi actuels et vifs !

Calligraphe novateur et au style riche et vivant, peintre en lettres et grand pédagogue, Carl Rohrs vit à Santa Cruz en Californie où il exerce depuis 1977. Il a étudié auprès du père Edward Catich, Hermann Zapf, Karlgeorg Hoefer et organisé de nombreux ateliers.

François Chevret

Changement de format

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On m’avait parlé de l’esprit du feuilleton. 3 images commentées pendant 5 minutes.
— Et ça peut pas être l’inverse ? 5 images commentées 3 minutes ?
— Oui, bien sûr, mais il faut pas que ça déborde trop !
— Ok, mais ça peut-être aussi 15 images commentées 1 minute, non ? Ou encore 1 image pendant 15 minutes. Ou même que des images, sans commentaire… ou à l’inverse, un commentaire, un billet d’humeur sans image.
— Oui, bon finalement tu fais comme tu veux en 15 minutes, c’est ça le format !

François Chevret – Lycée agricole à Angers. Peinture aux Beaux-Arts de Bourges. Photographie à l’Université de Paris VIII. Photographe au Figaro. Graphiste indépendant à Paris. Enseignant à l’EPSAA, cours de critique d’images.

Dabasse et Reynard

Typographie et dessin pour le vin

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Le récit d’une collaboration spontanée et burlesque de deux graphistes parisiens à la rencontre du monde viticole.

Philippe Dabasse est typographe. Il dessine des lettres.
Guillaume Reynard est illustrateur, il dessine tout le reste.
Ils ont travaillé dans l’édition et l’identité visuelle et se spécialisent désormais dans le design d’étiquettes et de supports liés au monde du vin.

Sacha Goerg

Du livre numérique au fanzine dans la bande dessinée

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Sacha Goerg présente l’évolution des supports disponibles en bande dessinée dans le contexte d’une pratique d’auteur et d’éditeur, et esquisse des constats. Une réflexion sur les avantages et les limites de ces supports en terme de création et de diffusion.

Sacha Goerg, auteur, éditeur et plasticien, est né en Suisse et vit à Bruxelles où il a fondé la maison d’édition de bande dessinée l’employé du Moi. Il a également publié chez différents éditeurs majeurs et spécifiquement pour le numérique.

Thierry Gouttènegre

De la lumière et des lettres

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Si nous voyons, et des lettres en particulier, c’est grâce à la lumière. Mais que se passe-t-il si nous prenons celle-ci non plus uniquement comme outil de transmission mais au contraire comme partie constitutive de l’objet lettre. Cette première réflexion ouvre la voie à plusieurs pistes de recherches et d’expérimentations où se mêlent ombres, transparences, reflets et qui se concrétisent sous forme de prototypes, de maquettes… et tout récemment d’enseignes de cinémas.

Toujours belge bien qu’installé dans le sud de la France depuis plus de 20 ans, Thierry Gouttenègre est typographe et son activité touche à des domaines aussi variés que le graphisme, la scénographie, l’édition, le web, le patrimoine, l’industrie… mais est toujours centrée sur la lettre et son dessin. Il est par ailleurs enseignant, actuellement à e-artsup et aux Gobelins-Annecy.

Francis Ramel et Julie Luzoir

Hiatus, la revue : une volonté de faire.

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Depuis 2012, les éditions Hiatus éditent une revue indépendante, à périodicité aléatoire.
La revue Hiatus est construite par les forces vives qui la rejoignent. Elle constitue un projet éditorial qui explore la création collective, ses enjeux, ses problématiques et ses paradoxes. 
Ses membres, par un travail constant de collaboration, s’éloignent de leurs domaines de prédilections et s’associent à chaque étape de la conception d’un numéro.
Un format volontairement ouvert dont il sera question ici, accompagné de quelques hyper-activités.

Francis Ramel est designer graphique, né en 1988. Après avoir été formé à l’École Supérieure d’art de Lorraine – Metz, il co-fonde en 2013 le bureau créatif Nouvelle étiquette. En 2014-2015, Il est étudiant-chercheur à l’ANRT. Il y mène un travail autour des premiers systèmes de notations du chant Grégorien. Depuis 2012, il se charge de la direction artistique de la revue Hiatus, et co-préside l’association « les éditions Hiatus ».

Julie Luzoir est designer graphique et plasticienne, née en 1986. Après avoir été formée en Khâgne, puis à l’École Supérieure d’art de Lorraine – Metz, elle co-fonde en 2013 le bureau créatif Nouvelle étiquette. Elle mène également un travail autour du dessin contemporain, à travers performances, résidences et expositions. Depuis 2012, elle se charge de la directions artistique de la revue Hiatus.

Pierre-Damien Huygue

Le format comme condition de possibilité

Contrainte, obligation, condition de possibilité ? De ces trois notions, quelle est la plus juste pour définir, le plus généralement possible, celle de format ? J’opterai pour la troisième, en insistant sur l’indécision qui, quoiqu’on dise parfois, s’y trouve a priori inscrite. Finalement, m’appuyant sur plusieurs sortes d’exemples (architecture, peinture, photographie, cinéma) c’est le rapport substantiel de l’indéfini à la mesure (mot à l’occasion donné par le dictionnaire pour commenter celui de format) que je voudrais évoquer.
 
Pierre-Damien Huygue est professeur à l’université Paris 1-Panthéon-Sorbonne. Il a publié récemment : À quoi tient le design (De l’incidence éditeur, 2015), Art et industrie, philosophie du Bauhaus (ré-édition augmentée, Circé, 2015)

Tim Ingold

Ouvrir le livre des surfaces : couper, déplier, ressentir.

Un livre est un empilement en trois dimensions de pages reliées. Aujourd’hui coupées mécaniquement avant l’impression, les pages étaient autrefois imprimées, pliées, avant d’être reliées. Pour pouvoir lire, il fallait découper les pliures.
Cette conférence traîte de la physicalité du livre comme collection complexe de surfaces contigües. Que signifie couper ou érafler une surface ? Que signifie le pli par lequel des surfaces auparavant opposées entretiennent un contact intime bien qu’invisible ? Cette conférence traite aussi de la lecture, quand le doigt ou l’œil parcourant la page en pioche les subtilités de son grain. Enfin, couper, déplier et ressentir seront réinterrogés à la lumière d’une théorie de l’interface, car la surface, loin de n’être qu’un support passif, participe par ses plis et déplis à la génération du sens.

Tim Ingold professeur d’anthropologie à l’Université d’Aberdeen. Il travaille actuellement sur les problèmes à l’intersection entre anthropolgie, archéologie, art et architecture. Ses plus récents ouvrages sont Making (2013) and The Life of Lines (2015).

Nolwenn Maudet et Ghita Jalal

Portraits de Couleurs. De la sélection à l’interaction avec la couleur

La couleur est l’un des éléments fondamentaux des métiers de la création. Or, dans le monde numérique, l’hégémonique sélecteur de couleur n’a pratiquement pas évolué depuis son invention au début des années 90. Le problème de la manipulation de la couleur est-il pour autant réglé ?
À travers une série d’entretiens avec des usagers de la couleur dans plusieurs domaines, nous avons extrait et illustré des dizaines d’histoires de manipulation de la couleur. Ces histoires révèlent le besoin d’aller au delà de la simple sélection de la couleur ; vers une véritable interaction. Nous présenterons plusieurs exemples d’outils inspirés par ces histoires ainsi qu’une approche générique afin de guider la création de nouveaux outils qui puissent supporter la richesse des pratiques d’interaction avec la couleur.

Nolwenn Maudet est designer/chercheur en Interaction Homme-Machine et est actuellement doctorante dans l’équipe ExSitu de l’INRIA où elle étudie et crée les futurs outils numériques du designer.
Ghita Jalal est ingénieur/chercheur en Interaction Homme-Machine et est actuellement doctorante dans l’équipe ExSitu de l’INRIA où elle étudie les principes d’interaction derrière la conception d’outils numériques pour la création.

Sandrine Nugue

Format Infini

Des premiers signes aux usages numériques d’aujourd’hui, l’Infini est une famille de caractères typographiques qui nous raconte une histoire sans fin. Les supports, les techniques, les formes ont évolué au cours de ces millénaires. Ces mutations se poursuivent doucement.
Ce projet est une réponse à la commande publique du Centre national des arts plastiques qui vise à promouvoir la création de caractères, c’est pourquoi la famille typographique est offerte.
Elle est composée d’un romain et ses ligatures, de son allié l’italique et de son robuste compagnon le gras. Des pictogrammes viennent perturber ce caractère de labeur en détournant les usages attendus de la lettre ; ici elle devient un mot, une idée, une action.

Sandrine Nugue est née en 1985. Après un BTS à l’école Estienne, elle poursuit son cursus à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg où elle se passionne pour les mécanismes de la lecture et conçoit un caractère pour une lecture rapide et intuitive des sous-titres de film. Elle décide de se spécialiser en création de caractères typographiques en rejoignant le post-diplôme « ?Typographie & Langage? » à l’École supérieure d’art et de design d’Amiens où elle dessine le caractère Ganeau (une famille de latines en différents corps optiques). Elle est diplômée en février 2013 et, depuis cette date, elle collabore avec des créateurs de caractères et travaille en tant que designer graphique indépendante.
En 2014, elle dessine l’Infini dans le cadre de la commande publique lancée par la Centre national des arts plastiques.

Anne-Lyse Renon

Observation, expérimentation, conception. La place du format dans la production des images scientifiques.

Au travers de plusieurs exemples de collaboration entre designer et scientifiques, nous proposons une réflexion sur la manière dont les activités de design en recherche questionnent, infléchissent voire renouvellent la question du format dans la production des images scientifiques.

Anne-Lyse Renon est designer graphique et doctorante en Anthropologie à l’EHESS. Enseignante à l’Université de Technologie de Compiègne depuis 2011, elle est co-fondatrice de l’association Design en recherche.

Patrick Tosani

Changements d’état

Dans mes photographies, l’isolement des objets par le cadrage, la mise en œuvre des constituants de l’image, l’amplification du regard par l’agrandissement, la précision des points de vue sont les conditions nécessaires pour révéler la potentialité descriptive d’une chose. Il s’agit d’extraire du réel quelques informations nécessaires et suffisantes à sa perception sensible. La fidélité et la précision de l’enregistrement photographique obligent à être sélectif. On ne peut pas tout montrer au risque de brouiller la perception des choses.
Je prends une distance avec une représentation générale du monde afin de limiter les référents de tous ordres. Je focalise mon regard non pour ignorer la réalité mais au contraire l’analyser, en fixer des repères en fonction de son infinie densité.
Cette sélection est devenue un ordre de travail. Elle précède l’enregistrement photographique. Elle devient métaphore de cette spécificité photographique qu’est le cadrage, ce geste qui isole les choses.

Patrick Tosani est artiste et professeur à l’école de Beaux-Arts de Paris.
Il développe dès 1976 un travail sur la photographie où les questions d’espace et d’échelle sont centrales. Le processus photographique, ses potentialités, ses limites, la relation au réel sont constamment interrogés à travers des séries sur les objets, le corps, les vêtements… Expositions récentes : Des images comme des oiseaux – une traversée dans la collection photographique du Centre National des Arts Plastiques (Carte blanche et commissariat d’exposition avec Pierre Giner), La Friche Belle de Mai à Marseille (2013) ; Formes Simples, Centre Pompidou-Metz (2014) ; Changements d’état, Le Pavillon Populaire, Montpellier (2014).